Honte et dignité

Télécharger Honte et dignité PDF En Ligne - Un professeur dans la cinquantaine Elias Rukla est en butte à une jeunesse indifférente et hostile qui n’en a rien à faire de l’enseignement du norvégien en général et d’Ibsen en particulier. C’est toute la solitude du professeur que Solstad nous livre ici toute la difficulté ancestrale universelle à intéresser des adolescents à une œuvre non seulement incontournable des lettres nationales mais d’une étonnante modernité. C’est aussi l’ironie de Solstad qui sai...
Les détails de Honte et dignité
| Le Titre Du Livre | Honte et dignité |
| Auteur | Dag Solstad |
| ISBN-10 | 2922868761 |
| Date de publication | 25/09/2008 |
| Livres Format | eBook PDF ePub |
| Catégories | récits |
| Mots clés | dignité |
| Évaluation des clients | 3.7 étoiles sur 5 de 10 Commentaires client |
| Nom de fichier | honte-et-dignité.pdf |
| Taille du fichier | 20.47 MB (la vitesse du serveur actuel est 24.79 Mbps |
Enseignants qui fréquentez ce site (surtout si vous enseignez les lettres dans un lycée) lisez ce bijou qui nous vient de la littérature norvégienne !Il s'agit non pas d'un monologue ni d'un flux de conscience mais d'un texte ininterrompu issu du voyeurisme d'un narrateur omniscient qui scrute avec incomparable minutie les pensées intimes de son personnage au cours des quelques heures qui précèdent et suivent une crise de nerfs qui l'exclura irréversiblement de ses fonctions de professeur agrégé de norvégien dans un lycée d'Oslo.Elias Rukla dont nous n'apprenons le nom qu'à la page 59 un nom et prénom qui seront scandés ensuite inlassablement ainsi que ceux des trois autres protagonistes du récit : son ami de jeunesse Johan Corneliussen philosophe kantien et marxiste son épouse et successivement épouse d'Elias Eva Linde femme "d'une indescriptible beauté" et leur fille Camilla ; Elias Rukla donc est "souffrant du fait [... qu'il est] un être social qui n'a plus rien à dire". (p. 165)Jamais jusqu'à présent je n'avais eu l'occasion de lire avec une précision si apte provoquer l'identification si propice à suggérer le mot "perfection" l'intériorité réciproque d'un prof en train de dispenser son cours sur Ibsen et celle de ses élèves indifférents assoupis hostiles ; ou les relations de deux étudiants qui évoluent entre l'appétit juvénile de la vie et celui du savoir et du dialogue ; ou la dialectique de couple fondée sur les non-dits entre un homme subjugué par "l'indescriptible beauté" d'une femme (femme d'un autre puis sienne) et celle-ci qui demeure un mystère du fait de l'incommunicabilité induite par cette beauté même lorsqu'elle disparaît par effet de l'âge ; ou la prise de conscience de l'irréversibilité de la condition d'un homme "qui n'a plus rien à dire" et surtout plus à personne sauf dans ses soliloques arrosés de trop d'aquavit et de bière.La construction du récit (l'événement dramatique se produit à peine quelques pages avant qu'apparition du nom du personnage) et sa prose sont tout à fait remarquables: les répétitions les développements plus longs de la pensée construite ou bien au contraire le rythme haché par l'angoisse sont parfaitement rendus par une variété de procédés prosodiques (si je puis dire) et notamment par la longueur ou brièveté des phrases. La vraisemblance des pensées du personnage est également rendue par ses références littéraires politiques philosophiques y compris par une sympathique mise en abîme d'Elias Rukla qui se verrait bien en personnage de Thomas Mann sauf pour se refuser aussitôt un tel privilège...Cit. de la phrase sans doute la plus longue qui est aussi celle qui résume la problématique de l'échec de la transmission du savoir en classe :"Pour les élèves c'était toujours la même litanie susceptible d'éveiller peut-être chez certains une certaine curiosité ne fût-ce que pour comprendre ce qui poussait un homme adulte doté d'une solide formation universitaire à être employé par la fonction publique si c'était pour rester assis derrière un bureau dans une salle de classe et prier des jeunes gens et des jeunes filles de lire ces livres auxquels ils ne s'intéressaient pas en particulier et auxquels ils n'entendaient rien de particulier en tout cas pas de la manière s'adressant à tout le monde dont cet éducateur employé par la fonction publique essayait de les leur faire lire quand bien même cette curiosité qui pouvait être le principe premier de l'effort les effleure ou pas de sorte que ceux qui au final à l'âge de dix-neuf ans avaient reçu la plus haute instruction générale obligatoire que le pays fournissait à sa jeunesse n'aient pas au cours de leur vie ultérieure dans la conversation quotidienne qui compose selon un ensemble hétéroclite de nuances et d'accords harmonieux comme disharmonieux la connaissance qu'a d'elle-même la société un recours intempestif à la sensiblerie privée et au dilettantisme sur des sujets dignes d'une conduite plus courtoise et témoignent ainsi du fait qu'il se trouvait parmi cette jeunesse ayant reçu la plus haute instruction générale obligatoire du pays des éléments non civilisés n'ayant pour leur part même pas assez d'éducation pour le cacher voire pour en avoir honte avait-il pensé - mais cette pensée était apparue avant que la situation de la journée ne se soit imposée à lui." (p. 39-40) + Lire la suite
Elias Rukla est professeur de norvégien dans un lycée de Fagerborg. Il enseigne le canard sauvage en classe préparatoire du baccalauréat. Un jour alors qu'il discourt de ce livre devant ses élèves d'un nouveau point de vue il est déçu par l'absence de réaction de ceux-ci. Il pète les plombs en sortant de ce cours et c'est l'occasion pour lui de réfléchir sur sa vie...Après cet incident on découvre la vie sans reliefs d'Elias. Les descriptions sont parfois assez longues parfois peu intéressantes. Un livre assez psychologique qui nous fait découvre les méandres des pensées d'Elias homme qui restera incompris par ses proches. Une structure de récit assez originale mais qui a eu du mal à me captiver par moments.
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